30 ans, 3 Présidents. Regards croisés.

Retour sur trois décennies au service de milliers de créateurs, avec le témoignage de trois présidents qui se sont succédé à la tête de l’Association. Maria Nowak, la fondatrice, puis Catherine Barbaroux et, aujourd’hui, Frédéric Lavenir  : trois personnalités engagées qui ont su guider les équipes en fixant, année après année, le cap de l’association.

Qu’est-ce qui vous a le plus impressionné/e à votre arrivée à l’Adie ?
Maria Nowak : La force des idées acquises sur l’incapacité des chômeurs de créer leur propre emploi, qui leur ferme l’accès aux banques et les maintient dans une position d’assistés.
Catherine Barbaroux  : L’engagement et le professionnalisme des salariés et des bénévoles. L’Adie a su garder la force du projet fondateur et l’esprit pionnier tout en développant au fil des années une organisation qui n’a rien à envier aux entreprises les plus performantes.
Frédéric Lavenir  : Maria Nowak !

Quel créateur vous a le plus marqué/e (et pourquoi) ?
Maria Nowak : Je les admire tous car dans des situations personnelles ou familiales difficiles, dans un pays qui privilégie l’aide publique, ils prennent leur destin en main. Cela peut être Jean, quasiment illettré qui sort du RMI après avoir remplacé sa brouette par une vielle camionnette pour décupler les quantités de ferraille qu’il ramasse, ou Folly arrivé en France du Bénin à 17 ans parlant à peine français qui, dix années plus tard, crée des logiciels pour des hôpitaux.
Catherine Barbaroux  : Des dizaines de noms et de visages surgissent de ces 6 années de présidence mais j’ai toujours une pensée particulière pour Jean-Pierre, réparateur de vélos à Paris, dont le témoignage a bouleversé les participants d’un colloque que nous avions organisé à Science Po.
Frédéric Lavenir  : Beaucoup de créateurs m’ont marqué ! En fait, tous ceux que j’ai eu l’occasion d’accompagner ou de rencontrer ! Mais si j’ai un souvenir plus fort que les autres, c’est celui de ce jeune créateur, il y a quelques années, à l’antenne de Saint-Denis je crois, qui m’avait dit, littéralement : « Avant de rencontrer l’Adie, je croyais vraiment que je n’avais pas le droit de créer ma boîte, que c’était interdit pour moi ». On n’oublie jamais une histoire comme celle-là.

Votre souhait le plus cher concernant l’Adie ?
Maria Nowak : J’ai créé l’Adie non pas pour encadrer les exclus, mais pour être à leur service. Je serais heureuse si l’Adie reste fidèle à cette politique et qu’au bout de 30 ans, l’innovation sociale qu’elle a mis en place évolue vers une forme plus pérenne donnant à chacun le droit à l’initiative économique.
Catherine Barbaroux  : Que sa voix porte plus fort : nombreux sont ceux qui ont besoin du microcrédit accompagné !
Frédéric Lavenir  : 100 000 créateurs financés chaque année. Disons en 2022, pour les 35 ans de l’Adie !

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