Jeanne et Daphnée font du commerce équitable avec Mazonia

Jeanne et Daphnée commercialisent les sacs « mochilas » de l'ethnie des Wayuus en Colombie. Elles défendent les droits des producteurs avec une rémunération à hauteur de leur talent avec Mazonia.

Chacune équipée d’un sac à dos et via des chemins séparés, Daphnée et Jeanne ont sillonné le continent sud-américain en 2017. Le hasard les a conduites chez les Wayuus en Colombie. Elles y ont découvert le tissage de « mochila », des sacs fabriqués selon un savoir-faire ancestral transmis de génération en génération et de mère en fille. Le coup de cœur fut instantané pour ces sacs fait main et autres seaux à bandoulière, tous des pièces uniques, avec leurs motifs ethniques forts.

L’immersion durant plusieurs mois au sein de cette ethnie leur a permis de découvrir les forces créatives de ce peuple. Elles ont alors eu l’idée, de façon séparée, de faire rayonner les sacs et leur savoir-faire unique au monde entier, par des pratiques de commerce équitable. « Chacune de notre côté, sans se connaître, nous construisions le même projet avec les mêmes valeurs. Un Wayuu nous a mises en contact, et après deux heures d’appel sans s’être jamais vues, nous nous sommes associées. Même pas peur ! Et Mazonia est né. », souligne Daphnée.

Aujourd’hui, Jeanne et Daphnée commercialisent les « mochilas » en défendant les droits des producteurs avec une rémunération à la hauteur de leur talent. Ainsi, elles participent à l’amélioration de la vie des Wayuus et à la conservation de leur savoir-faire ancestral menacée par l’affaiblissement grandissant de leurs communautés.

« Le tissage est un art chez les Wayuus. Et même plus, un art de vivre. Les tisserandes marchent, discutent et vivent tout en tissant les « mochilas », en pleine nature. Nous sommes loin du travail à la chaîne des grosses industries textiles. Contrer les abus de la fast-fashion est au cœur du projet Mazonia. Nos valeurs sont la fabrication dans la dignité et l’humanisation de l’achat ». 

 

« Avoir notre propre entreprise signifie créer notre job de rêve à notre image, en respectant nos valeurs. À présent nous ne travaillons plus pour le rêve de quelqu’un d’autre mais pour le nôtre : quoi de plus beau ? »

Jeanne et Daphnée
Commerce équitable avec Mazonia

Elles ont connu l’Adie après une formation de Pôle emploi sur l’entrepreneuriat qui mettait en avant les différents organismes d’accompagnement des porteurs de projet. « Nous savions qu’il fallait qu’on soit bien entourées. Une amie venait justement de finir la formation « Je deviens entrepreneur » de l’Adie et nous expliquait le bond en avant qu’elle avait fait dans son projet !  Vu son enthousiasme, nous les avons contactés immédiatement ! »

Rendre cette entreprise pérenne et rentable est un défi pour elles. Il s’en dégage beaucoup de libertés, de stress mais aussi de belles rencontres. « Il n’y a pas de journée type dans ce projet. J’adore partir au fin fond de la région désertique de la Guajira ! Se réveiller le matin dans un hamac, dans une maison en terre, entourée de chèvres, de cochons et de poules. Je passe la majeure partie de mon temps à vadrouiller dans le désert à la rencontre des tisserandes Wayuus. Le suivi de la production sur place est digne de l’émission « Rendez-vous en terre inconnue » ! », souligne Jeanne.

D’ici 3 ans, elles souhaitent travailler avec deux autres communautés, avoir recruté 2 autres personnes au sein de l’équipe, s’ouvrir à des marchés étrangers et élargir leur gamme à d’autres produits artisanaux Wayuus comme les bracelets, les chapeaux et les hamacs.

« Il y a un an, Mazonia n’était qu’une idée. Aujourd’hui nous sommes très fières de regarder tout le chemin parcouru : un crowdfunding réussi, une communauté de milliers de personnes sur Facebook et Instagram, le prix du meilleur projet engagé gagné lors du marché des créateurs de l’Adie en octobre 2018. C’est une grande fierté quand on prend le temps de regarder toutes les avancées depuis le début ».

Découvrez le site de Mazonia
Partager sur